Être un Adulte Libre

Être un Adulte Libre

La Littérature, le Cinéma, nous font passer la dépendance affective pour de l’Amour, depuis des lustres. A vrai dire, même les chansons d’amour ne parlent que de dépendance affective. Regarde les succès de « Ne me quittes pas », « Je suis malade »…
Il ne faut pas croire que la dépendance affective est le résultat d’une relation. C’est un mécanisme qui se met en place bien avant la rencontre.

Combler le manque

On rencontre l’Autre car on a des objectifs à atteindre. Une sorte de wish-list du partenaire idéal. On a besoin d’être aimé, d’être valorisé, d’être encouragé. Tout cela, on ne se l’apporte pas soi-même. Ne vas pas croire que cela se circonscrive à la relation sentimentale. Tu transposes ton manque dans tous les domaines de ta vie : les relations professionnelles et amicales sont impactées. Et par dessus tout, cette dépendance affective prend sa source dans les relations familiales.
Le dépendant affectif est souvent cette petite chose fragile qu’on aime bien consoler, réconforter, prendre par la main. Tu vois de qui je parle, toi qui porte le masque du Sauveur …

Donner en espérant Recevoir

Le Dépendant affectif n’existe pas, seul en soi. Il se mire dans le regard d’un autre.
Il y a ce parent sacrificiel qui parvient à convaincre toute sa maisonnée que sans lui, elle n’est rien. « J’ai tout donné pour toi ! Que feras-tu quand je serai morte ? » C’est la réplique favorite de ma mère. Et la réponse, succulente de mon père : « Ben on t’enterrera« .
Il y a ce manager qui pourra tout te demander jusqu’au burn-out. Après tout, ton travail dépasse toutes les qualités professionnelles requises. Ton évaluation annuelle est excellente. On peut t’en demander encore plus.
Et parlons de Bidule !!! Je me souviens de ce type qui me consulte au cabinet et qui me dit d’entrée de jeu : « j’ai un faible pour les cassos ». C’est priceless, non ? La cassos était une de mes fréquentations …
Et parlons de toi, de moi, l’amie sur qui on peut compter à n’importe quelle heure. L’amie qui t’écoute silencieusement pendant des heures (NDRL : en se bourrant la gueule, même si tes litanies, en soi, suffisent à soûler un bar entier pendant l’Happy hour ..)

Et oui. En face du Dépendant affectif qu’on pointe du doigt, la Victime, se trouve un autre Dépendant affectif, le Sauveur. Alors oui, ça ressemble à s’y méprendre à un Triangle que tu connais bien, celui de Karpman.
Le Sauveur ne donne jamais gratuitement. Faut pas confondre avec Jésus … La Victime va l’encenser, va le valoriser dans sa posture en lui demandant toujours de l’assistance. Ce Sauveur deviendra Bourreau dès lors que sa Victime se prendra en charge toute seule ou qu’il décidera de ne plus jouer ce rôle.
En bref, on est loin de l’Amour inconditionnel. On est loin de l’Amour tout court, à vrai dire. Tout se monnaye. Il n’y a pas vraiment de don, et encore moins de partage. On bénéficie de l’attention de l’autre pour combler en réalité ses propres manques.

Occupe toi de ton Enfant intérieur

Alors comment ne pas être ni Victime ni Sauveur? Comment ne pas glisser dans des relations de dépendance affective ?

Les rencontres que nous faisons n’ont pas pour but de nous faire obtenir un partenaire, la maison, les enfants, le Touran et le chien. Je me répète mais il faut que tu l’entendes. Si c’est cela ton seul but, et que tu l’as atteint, ta vie est terminée. Entendons-nous bien, si ça te comble, n’allons pas chercher de problèmes là où tu n’en ressens pas ! Mais si tu as l’impression d’être un trophée sur une étagère, il y a de fortes chances que tu n’aies pas écouté ton enfant intérieur.
Cet enfant intérieur est le Petit Toi qui te connait par cœur. Il est parfois muselé par ton Ego qui cherche à le protéger pour ne pas reproduire les blessures de l’enfance. Pourtant, tes relations sont là pour te les faire de nouveau éprouver, afin d’y mettre un regard adulte et pour que tu te consoles enfin. Encore une fois, cette consolation, c’est toi et toi seul qui peut te l’apporter. Ces manques, tu es le seul à devoir les combler.

Nouer des Relations saines

C’est en allant à la rencontre de ton enfant intérieur ainsi qu’on accueille un nouveau né, que tu pourras apprendre à te connaître. Je t’avoue que l’exercice n’est pas aisé, si tu te situes de façon ancrée dans ce jeu psychologique qu’est la relation de dépendance affective. Un accompagnement peut s’avérer nécessaire.

C’est en répondant seul à tes besoins que tu deviendras enfin un adulte libre. Cette liberté se manifestera par rapport à tes parents et leur éducation. La reconnaissance de leurs sacrifices peut être un simple remerciement, même s’ils attendent plus de toi. Tu es suffisant, quoiqu’ils en disent.

Le plus important dans cet apprentissage de la liberté est que tu n’auras plus peur de rompre une relation toxique, par peur de blesser l’autre ou de manquer. Ce sera plus facile de rompre ce contrat de travail et de trouver l’emploi qui te réjouit. Ce sera plus facile d’arrêter cette relation amicale sans vrai intérêt. Ce sera plus facile de mettre fin à cette histoire avec Bidule aussi.

Car mettre fin est la seule solution pour se sortir de ces relations toxiques. Il faut savoir partir. Il faut parfois savoir fuir. De toute façon, ce sera une mauvaise idée que de te justifier, t’expliquer. En face, la personne que tu laisses va se sentir abandonnée et va chercher par tous les moyens à s’ancrer plus encore en te culpabilisant, en te dénigrant, en t’insultant. Puis après la phase de lune de miel, ton calvaire recommencera.

Apprendre à se connaître est un voyage fabuleux. Ton cœur est une terre verdoyante arrosée par des larmes salvatrices et bienheureuses. Le périple n’est pas facile … comme toute recherche de trésor. Et pourtant, cela vaut tellement la peine de vivre une existence avec des relations saines et réellement enrichissantes.

(Holala je deviens lyrique … il est temps que j’arrête cet article !)

Cet article a 2 commentaires

  1. Madame de

    « Ben on t’enterrera ! » va me faire rire toute la soirée !!!! Encore un chouette regard sur l’humain ma chère, bravo.

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